Comment avais-tu vécu ce parcours ?
Un parcours exceptionnel, avec une superbe équipe où l’ambiance était géniale.
Je pense que c’est l’un de mes meilleurs souvenirs dans le foot.
Comme quoi les meilleures émotions se vivent souvent dans le monde amateur.

Quel match t’a le plus marqué dans cette épopée ?
Très certainement la rencontre contre les Girondins de Bordeaux avec l’égalisation par notre gardien Julien Barros.
Le stade était chaud bouillant et cela nous a porté.
En plus, je tire mon tir-au-but, le gardien touche le ballon mais il finit par rentrer au fond… Beaucoup de stress et de fortes émotions !

Alexis juste avant le tir-au-but face aux Girondins de Bordeaux

Quels moments t’ont le plus marqué dans cette épopée ?
Au final, je me dis que cette épopée ne tient à rien.
Je me souviens dans les premiers tours, un déplacement au fin fond des Pyrénées contre une équipe de District, où l’on arrive à se qualifier dans les dernières minutes.
Si l’on n’avait pas forcé le destin ce jour-là, nous n’aurions pas fait ce joli parcours.

Quelles étaient les caractéristiques de votre équipe ?
On avait certainement l’insouciance du monde amateur où l’on n’a rien calculé et on a joué tous les coups à fond.
On était porté par une force incroyable.
J’ai toujours eu confiance en nos qualités même quand on jouait contre des équipes de moins de 18 ans Nationaux comme Angers ou les Girondins.
On n’était pas la meilleure équipe techniquement mais on avait une force collective énorme.

Cette saison-là, vous vous êtes qualifiés à quatre reprises aux tirs-au-but. Vous aviez une recette miracle ?
Je pense qu’on ne lâchait rien et après les tirs-au-but c’est la loterie, il faut avoir de la chance mais il faut surtout savoir provoquer cette chance.
Ce que l’on a toujours su bien faire. On était imbattable.

Avant d’affronter l’AS Monaco, vous aviez éliminés Angers SCO et les Girondins de Bordeaux, rencontres aux scénarios incroyables. Que gardes-tu de ces deux rencontres ?
Je connaissais bien ces équipes, car je les avais affrontées les années précédentes quand je jouais aux Chamois Niortais.
Ce sont des équipes qui s’entraînent tous les jours.
Certainement qu’ils nous ont sous-estimés et qu’on a joué tous les coups à fond.
On était porté par notre force collective.
C’est quand même le pied d’éliminer les Girondins qui sont censés êtres la meilleure équipe de la région dans cette catégorie avec des futurs pros comme Gaëtan Laborde !
Je me souviens de la tête de leur entraîneur à la fin du match. Il était anéanti, ce qui était encore plus jouissif pour nous…

L’aventure s’achève face à l’AS Monaco en 8ème de finale. Que retiens-tu de ce match ?
Franchement, j’y repense encore aujourd’hui et je me dis qu’au-delà du score où l’on prend 6-0 quand même, ils nous ont pris au sérieux, ils avaient peur de nous. Ils avaient leur meilleure équipe possible.
Avec tous les pros qu’on connaît aujourd’hui tels que Kurzawa, Mendy, Appiah, Eysseric et j’en passe.
C’était un super moment.
Je n’avais jamais joué devant autant de monde dans les tribunes !
C’était une vraie fête du foot et une vraie fierté pour moi et mes proches.
Que de bons souvenirs, on ne vit cela que dans le sport.

Dix ans plus tard, quel souvenir gardes-tu de ce beau parcours ?
Je garde un souvenir merveilleux, certainement ma plus belle émotion dans le foot, avec aussi notre victoire en Coupe Départementale en moins de 13 ans au FC Jonzac.
J’ai passé 3 ans en centre de formation à Niort et je n’ai pas vécu de moments aussi forts.
Le monde amateur est fantastique et spectaculaire.
Je souhaite à tout le monde de vivre ce genre de moments !

Es-tu toujours en contact avec des membres de cette équipe ?
Je suis toujours en contact avec Mehdi Belbachir, Rémi Bailly ou Loïc Tatdja, malgré le fait que l’on le fasse chacun sa vie de notre côté, c’est un signe de la force des émotions vécues lors de cette année la.

Quel a été ton parcours foot depuis ?
J’ai continué à jouer trois ans à l’ESB, en R1.
Malheureusement le club a été rétrogradé administrativement et j’ai arrêté le foot à ce moment-là.
J’ai poursuivi mes études d’infirmier et je n’avais plus assez de temps pour continuer le foot à ce rythme-là.
J’avais une certaine lassitude aussi de ce sport.

Du coup je me suis mis au handball et je joue encore aujourd’hui. Je suis toujours à la recherche de ces émotions uniques. Mais je continue à suivre le foot de près !
Surtout “Belbach'” qui fait quand même une belle petite carrière en N2. Je le félicite et je suis très content pour lui.
C’est un joueur hors normes et surtout un mec extraordinaire, il le mérite.
Comme quoi on peut faire une formation dans le monde amateur et percer dans les plus hautes divisions.
Il ne faut jamais renoncer.

Un dernier mot à ajouter ?
Je vais être papa en juin d’un petit gars. J’espère qu’il pourra vivre ce genre de moments qui marquent une vie à jamais.
Je serais certainement très heureux de lui montrer les fanions de toutes ces rencontres et que j’ai gardé.
Je lui raconterai ces supers moments passés tous ensemble avec une certaine nostalgie et une grande fierté.

J’en profite pour remercier le club de l’ES Blanquefort, tous les acteurs de l’ombre qui font qu’un club amateur peut vivre. Merci à tous, je ne garde que de bons souvenirs de ce club !

Merci Alexis !

Crédit photos : Gene Barros