U19 – Gambardella

horizontallogo_sud_ouestDeux formations, un but

Avec Marseille et Monaco, les deux clubs girondins recevront dimanche (15 heures) le haut niveau du foot français. La reconnaissance d’un savoir-faire maison.

|| Despujols Eric

( Despujols Eric)

Dimanche, sur les coups de 15 heures, lorsque débuteront simultanément les rencontres SA Mérignac – Marseille et Blanquefort – Monaco, c’est toute une politique tournée vers les jeunes et la formation qui sera récompensée pour ces deux clubs girondins. Un aboutissement ? Non car les deux formations ont des ambitions pour leurs jeunes pousses.

Longtemps pensionnaires du championnat U19 en compagnie de la plupart des équipes de jeunes des clubs professionnels, les Mérignacais n’ont pu éviter la relégation la saison dernière. Mais cette descente en Division Honneur n’a pas coupé les jambes des joueurs du SAM, actuels 2e de leur poule. « Ce n’est pas une relégation qui va mettre à mal notre travail éducatif », lance d’ailleurs Jérôme Dauba, l’entraîneur des U19 de Mérignac. « Depuis plusieurs années, nous avons mis en place une vraie politique sportive tournée vers les jeunes. Quand un garçon signe chez nous, nous le suivons, nous l’aidons à progresser. Lorsque nous recrutons un joueur, nous sommes très exigeants sur son profil, sa mentalité, la façon dont il va se fondre dans un collectif. Le but étant qu’un garçon nous rejoignant en U13 suive tout le cursus, passe de catégorie en catégorie pour espérer intégrer in fine l’équipe première de CFA 2 ».

Implication et état d’espritPetit Poucet de la Gambardella, auteur d’un exploit avec l’élimination des Girondins de Bordeaux aux tirs au but (3-3 à l’issue du temps réglementaire), 7e du championnat de Promotion Honneur, l’ES Blanquefort est lui aussi ambitieux pour ses jeunes. Un projet mis en place à tous les étages du club qui doit approvisionner à terme l’équipe première, pensionnaire de DH. « La formation est primordiale pour un club comme le nôtre qui n’a pas des moyens extensibles, précise Christophe Fernandez, l’entraîneur des U19 blanquefortais. Nous avons mis en place une politique cohérente pour accompagner ces jeunes, je l’espère jusqu’à l’équipe première. Le parcours en Gambardella est pour ce point important car il met en lumière notre politique de formation, il crée une synergie positive et braque les projecteurs sur notre savoir-faire pour espérer attirer de futurs jeunes ».

Comment justement attirer ces jeunes à revêtir leur maillot respectif ? Un travail de détection reste la meilleure des armes mais pas à n’importe quel prix, comme le reconnaît Jérome Dauba : « Notre présence chez les U19 Nationaux a permis au club de gagner un pouvoir d’attraction assez important. Mais nous ne faisons pas n’importe quoi en matière de recrutement. Nous allons chercher un jeune que s’il peut nous apporter un plus ou s’il nous manque quelqu’un à un poste. Nous avons d’excellente relation avec les Girondins de Bordeaux et nous avons un œil sur les joueurs qu’ils ne souhaitent pas garder. Mais attention, nous nous renseignons énormément sur une future recrue, sur son implication, sa mentalité car l’équilibre d’un groupe qui plus est dans cette catégorie est toujours fragile ».

Pas peur d’aller au clashDes propos confirmés par Christophe Fernandez et son adjoint José Guerrero : « Les U19 sont la catégorie la plus compliquée à gérer. Il faut leur inculquer un état d’esprit, bien leur rappeler que le foot est un sport collectif. À cet âge, les recruteurs se trouvent dans les tribunes, certains rêvent à une carrière pro. Moi, j’ai beaucoup de tempérament. Je n’ai pas peur d’aller au clash avec certains car nous n’avons pas le temps de se regarder le nombril, surtout à cet âge. Nous devons apprendre à ces joueurs que l’état d’esprit est fondamental. On joue pour une équipe, pas pour soi ».

Des méthodes similaires et des discours proches, en somme, pour ces deux éducateurs dans l’âme qui n’envient pas leur collègue de l’équipe première. Ce travail de formation leur plaît. Cependant, l’un et l’autre sont proches de leurs équipes fanions respectives en alimentant régulièrement celles-ci de leurs jeunes pousses. « Je rêve même d’une équipe du SAM 100 % composée de joueurs issus de notre formation », avance Jérome Dauba. « 70 % est déjà un bon pourcentage », sourit quant à lui Christophe Fernandez. Les jeunes de Mérignac et Blanquefort savent ce qui leur reste à faire pour faire gonfler ces statistiques.