Thomas Coignac est un jeune arbitre de 19 ans, dirigeant les rencontres de Football depuis sept saisons. Actuellement en Licence 3 Histoire, il a pratiqué le Football jusqu’à ses 17 ans.
Jeune arbitre fédéral, il a été choisi pour donner le coup d’envoi fictif du match Bordeaux – Toulouse (12è journée de Ligue 1, le dimanche 2 novembre 2014) lors de la journée de l’arbitrage.
Dans cet entretien, il nous explique notamment son parcours et son rôle en tant qu’arbitre. Rencontre.

gal-2787761Thomas, ici au centre, avant le coup d’envoi d’un match

Peux-tu nous expliquer ton parcours footballistique ?
J’ai commencé le foot ici à Blanquefort quand j’avais 7 ans, et j’y ai joué jusqu’en U17.
A 13 ans j’ai débuté dans l’arbitrage, tout en étant joueur en parallèle.
J’ai eu l’opportunité de devenir arbitre en Ligue, et je prenais plus de plaisir à arbitrer qu’à jouer, donc je me suis focalisé sur l’arbitrage.

Comment arrives-tu dans le monde de l’arbitrage ?
Je n’ai pas de souvenir précis sur le moment où ça s’est fait.
Je me souviens par contre avoir « arbitré » des matchs où mon père jouait avec ses amis le dimanche matin, je devais avoir 11-12 ans ; c’est sûrement arrivé comme ça !

« Je suis un passionné de foot ! »

Quelles sont les étapes par lesquelles tu es passé concernant l’arbitrage ?
Comme je te le disais, j’ai commencé assez jeune, à 13 ans. J’ai toujours arbitré des joueurs de mon âge, montant de catégorie chaque saison.
Puis en janvier 2012 je suis devenu arbitre de Ligue où ça s’est plutôt bien passé.
Depuis juin 2014, je suis Jeune Arbitre Fédéral (ndlr : une explication de cette fonction est présentée en fin d’article). J’arbitre désormais des U17 et U19 Nationaux, ainsi que des Seniors DHR.
J’ai également été arbitre de touche en CFA2.

Tu es un vrai passionné de foot…
Oui tout à fait. Je suis abonné à beIN, je regarde beaucoup de matchs, et quand je peux jouer avec mes potes je le fais !

Comment se matérialise le plaisir que tu prends en tant qu’arbitre ?
Le plaisir, c’est de réussir ses matchs : quand ça s’est bien passé, que tous les joueurs sont en bonne santé, que les acteurs sont venus me serrer la main…
Puis arbitrer des matchs d’un tel niveau est très plaisant : je n’aurais pas pu prétendre être joueur dans un centre de formation ; là j’ai l’occasion de participer à ces matchs de haut niveau.
Je découvre beaucoup de stades et de villes grâce à l’arbitrage.

« 3 séances d’entraînements par semaine, plus le match du week-end »

Quel est le planning d’une semaine-type pour toi ?
J’ai deux voire trois séances d’entraînements hebdomadaires, avec un match le week-end.
Je fais partie d’un groupe d’une dizaine d’arbitres pour les séances les mardis et jeudis à Mérignac, d’une durée de deux heures chacune.
Un préparateur physique est là avec nous pour nous permettre d’avoir un travail individualisé.
On retrouve du coup une ambiance de groupe, ce qui est sympa.
On travaille l’endurance, la vitesse, le renforcement musculaire.
J’ai en plus une troisième séance, que je fais seul, mais qui est concoctée par le préparateur physique en fonction de mes besoins et disponibilités.
Le support vidéo est utilisé à travers nos stages que l’on a tous les deux-trois mois avec la Ligue d’Aquitaine. Des rappels théoriques sont aussi effectués à ces moments-là.

Faut-il avoir été joueur pour arbitrer ?
Non pas forcément, mais c’est un grand plus d’avoir été joueur : il y a une anticipation, une lecture du jeu permettant d’être dans de meilleures dispositions d’arbitrage.
D’ailleurs dans les stages de formation, il nous est toujours conseillé de regarder les matchs à la TV, pour anticiper les actions.

Peux-tu nous présenter les étapes pour devenir arbitre ?
Quand on veut devenir arbitre, il faut en faire la démarche auprès de son District.
Pendant deux week-ends en octobre, il y a une formation courte sur les lois du jeu, avec un examen à la fin du second week-end. Une fois cette formation réalisée, le nouvel arbitre devient stagiaire jusqu’à la fin de la saison.
Chaque année, le District désigne des arbitres qui seront promus en Ligue, chez les jeunes et chez les Seniors.
Ensuite, il existe des concours pour devenir arbitre au niveau de la Fédération : les élus sont forcément moins nombreux !

Tu voulais rajouter un dernier mot…
Oui, je soutiens très fermement mon ami Adrien Mathieu, qui s’est fait agresser sur un match de U17 PH le week-end dernier. Je condamne tous ces comportements qui font du tort à l’arbitrage, mais surtout au Football.

Merci Thomas

Qu’est-ce qu’un Jeune Arbitre Fédéral (JAF) ?
Un Jeune Arbitre Fédéral arbitre des matchs de U17 et de U19 Nationaux.
Pour le devenir, il faut passer trois étapes.
Tout d’abord, la Ligue sélectionne entre trois et cinq arbitres de 16-18 ans et les présente au concours national. Ils passent un test théorique, et doivent avoir une note de 12/20 pour l’obtenir.
Ensuite, la saison suivante, les jeunes arbitres sont observés sur des matchs de U17 Nationaux, et les trente meilleurs deviennent JAF.
Une fois JAF, les jeunes arbitres arbitrent alternativement des U17/19 nationaux, et des matchs de DHR dans leur Ligue d’appartenance.