Meneur de jeu de l’équipe lors de ce parcours en Coupe Gambardella, Mehdi Belbachir plonge dans ses souvenirs et revient avec nous sur cette formidable épopée.

Comment avais-tu vécu ce parcours ?
J’ai vécu ce parcours avec beaucoup d’émotions, j’étais surexcité à chaque tirage. On s’écrivait avec les potes de l’équipe pour avoir les réactions de chacun. On vivait cela tous ensemble !
Cette année-là, j’étais habité par cette compétition, que ce soit au foot ou au lycée, beaucoup de choses gravitaient autour de la Coupe Gambardella.
Les premiers tours avec une certaine pression, puis plus on avançait et plus celle-ci augmentait et s’intensifiait mais elle était différente. C’était beaucoup d’euphorie et d’excitation.

Quel match t’as le plus marqué dans cette épopée ?
Le match contre les Girondins de Bordeaux.
Tout d’abord pour le contexte car c’est le centre de formation référent quand on est en Aquitaine.
La Ligue 1, l’écusson, le maillot, le stade Chaban-Delmas… Tout cela est emblématique ! De plus à l’époque on allait jouer les -19 ans Nationaux donc tout cela rend cette rencontre extraordinaire.
Quand t’as 18 ans t’as la tête dans les étoiles de jouer un match comme celui-là.
Ensuite le scénario, rend ce match totalement fou ! Même si tu l’écris ou l’imagine c’est impossible d’y penser une seconde.
Je marque un corner rentrant côté fermé. Pour l’anecdote, le coach que j’avais en -15 ans était juste derrière la main courante et me dit de tirer fort tendu car au niveau aérien c’était compliqué.
On est mené trois fois et à chaque fois on revient au score. Et surtout l’égalisation dans le temps additionnel marqué par notre gardien après le coup-franc de la dernière chance suivi d’un cafouillage. C’est mémorable !

Quels moments t’ont le plus marqué dans cette épopée ?
Je dirais la complicité, tout ce que l’on a partagé et vécu avec les autres joueurs (Rémi Bailly, Alexis Romas, Guillaume Campo, Olivier Chevreux, Loic Tadja, Clément Maillot, Alexis Dieupart-Ruel…).
Au-delà du sportif qui bien sûr reste magique.
Mais je revois les fous rires, l’excitation, nos réactions, nos conversations… C’est se que dire j’ai vécu ça avec mes amis d’enfance.

Quelles étaient les caractéristiques de votre équipe ?
On était une équipe solidaire et complice, une bande de copains qui jouaient ensemble depuis tout petit pour la plupart.
Sur le plan athlétique c’était assez équilibré, des profils différents avec quelques joueurs rapides, puissants et quelques joueurs frêles.

Cette saison-là, vous vous êtes qualifiés à quatre reprises aux tirs aux buts. Vous aviez une recette miracle ?
C’était incroyable à chaque fois avec des scénarios différents.
Je ne pense pas qu’on avait une recette miracle mais peut être que l’aspect mental, la confiance qu’on avait ensemble dans le groupe a peut-être fait la différence.
Mais une grande réussite également.

Mehdi face au Bordelais Loïs Diony (actuel joueur au SCO Angers)

Avant d’affronter l’AS Monaco, vous aviez éliminés Angers SCO et les Girondins de Bordeaux, rencontres aux scénarios incroyables. Que gardes-tu de ces deux rencontres ?
Sur le plan sportif tu joues des équipes qui ont un super niveau individuel et collectif, c’est énorme.
Je me rappelle le SCO d’Angers avec des joueurs ultra puissants, on n’en menait pas large (rires).
Les Girondins également sur le plan technique et tactique, c’était du haut niveau.

Ce qui fait la différence c’est le stade plein à craquer et la main courante également remplie de ta famille, d’amis, des personnes du clubs (joueurs des autres catégories, dirigeants, bénévoles…).
Il y avait une effervescence de malade, c’était impressionnant !

L’aventure s’achève face à l’AS Monaco en 8ème de finale. Que retiens-tu de ce match ?
Collectivement c’était très très fort.
Individuellement aussi, pour citer certains joueurs qui étaient présents : Ferreira-Carrasco, Kurzawa, Eysseric, Mendy, Appiah, Pi.
Ils gagneront la Coupe Gambardella à la fin du parcours, après avoir éliminé Guingamp en quart-de-finale, Sedan en demi-finale et Saint-Étienne en finale.

Sur notre match, ils ont marqué assez tôt en première période. Ils ont mis une grande intensité dès le début de la rencontre, cela nous a mis en difficulté et ensuite on a craqué physiquement. Je crois qu’il y avait 4-0 à la pause (NDLR : 2-0).
A la fin du match il y a de la déception car nous sommes éliminés.
Et de la frustration en plus car nous n’avons pas pu faire faire jeu égal ou nous exprimer sur le terrain.
Mais malgré cela je retiens des souvenirs incroyables aujourd’hui.

Justement, dix ans plus tard, quel souvenir gardes-tu de ce beau parcours ?
Toutes les émotions et tout ce qu’on a partagé et vécu avec l’équipe : les mises au verts, les déplacements, le parcours, les matchs, les scénarios…

Es-tu toujours en contact avec des membres de cette équipe ?
Oui avec certains, on arrive à avoir des nouvelles de temps en temps.
Surtout quand ce sont tes amis d’enfance et de jeunesse.

Quel a été ton parcours foot depuis ?
J’ai joué avec l’équipe première de l’ESB (R1, 2011-2014), ensuite je suis parti au Stade Bordelais (N2, 2014-2016), Fontenay-Le-Comte (N2, 2016-2017), Bergerac (N2, 2017-2019) et Trélissac (N2, depuis 2019).
J’ai pu faire deux beaux parcours de Coupe de France : un 16ème de finale et un 32ème de finale face à l’Olympique de Marseille.
Ce qui m’a rappelé la Gambardella !

Un dernier mot à ajouter ?
Je tiens à remercier et saluer tout le club et les éducateurs que j’ai eu.

Merci Mehdi !

Crédits photos : Trélissac FC & Gene Barros